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Contes de fées

Du 7 avril au 16 septembre 2018

Il était une fois… Quand les divinités de l’Olympe antique eurent disparu, chassées par les débuts de la chrétienté, et qu’eut retenti la terrible plainte « Le grand Pan est mort… », il fallut bien ré-enchanter le monde, le ciel, le terre et les ondes, les humains, les animaux et les végétaux. Ce sera la naissance du merveilleux, la légende arthurienne, les paradis et les enfers baroques, les fables et les contes prenant à leur tour le flambeau.

L'exposition en images

Au XIXe siècle, alors que les contes seront revisités par les poètes, teintés de noir, de bizarre, de l’attrait de la mort, le règne du ballet romantique fera éclore un monde blanc et argenté, exclusivement féminin, de légères créatures venues d’autres mondes. La féerie deviendra un genre dramatique, présent sur toutes les scènes pendant quelques décennies. Le régionalisme et le folklore, grâce au collectage, donneront aux elfes et aux fées les couleurs et les accents des provinces.

Les éditions illustrées se multiplient, les images de Gustave Doré restant la toile de fond de nos songes. Dès la seconde moitié du siècle, la civilisation moderne et son culte du progrès peignent le monde aux couleurs de l’ère industrielle. C’est au tour de la Russie de célébrer les contes dans les ballets de Petipa, les spectacles de Diaghilev, les grands opéras légendaires. Et si le XXe siècle était celui du renouveau. Alors qu’on les croyait sorties de scène, voici le retour des fées sur celluloïd, avec les films de Méliès, en attendant ceux de Walt Disney qui fixeront bien des typologies. Avec la bande dessinée qui cerne et détourne, avec – enfin - les fées et les princes « pas convenables », avec l’arrivée en force des créatures « différentes », ogres, nains, géants et la naissance de la littérature de « fantasy ».

Dans toute l’Europe, la scène, qu’elle soit dramatique, lyrique ou corégraphique, le cinéma sont les mondes privilégiés des contes de fées, qui leur offrent une palette de situations simples, déjà connues du public, un éventail de protagonistes bien définis. Toujours ré-interprétés, les contes de Perrault, en particulier, inspirent plus que jamais notre XXIe siècle, qui se plait à les détourner, surtout dans le domaine de la danse. Au hit-parade, La Belle au bois dormant, Cendrillon, Blanche- Neige se retrouvent dans bien des programmations.
Les principaux personnages se répartissent en catégories simples, à l’intérieur desquelles s’opposent les bons et les méchants : parents aimants ou marâtre et père incestueux, rois et reines, princes et princesses, bonnes ou méchantes fées, nains et géants, ogres et sorcières, comme aussi, dans un autre registre, animaux prédateurs ou amicaux, végétaux qui donnent la mort, le sommeil ou la vie…

L'exposition

L’exposition, en images et en costumes de scène, s’attachera à étudier comment, au fil des siècles, les costumiers vont interpréter ces personnages, avec quelle esthétique, quel choix de formes, de textiles, d’ornements, de teintes.
Par exemple, les costumes classiques ou historiques, renvoyant aux modes moyenâgeuses, ou encore à celles des XVIIe et XVIIIe siècles. Soieries et velours, ornés de broderies, d’or, de perles et de rubans. Fées « à baguette », coiffées de hennins. Rois et reines en pseudocostumes du sacre, comme à la cour de Louis XIV. En hommage au XIXe siècle, règne le tulle - ballet oblige – souvent blanc ou de couleur pastel, avec des tenues plus légères, très ornées de feuillages et de fleurs. Les codes couleurs renseignent tout de suite sur le caractère du personnage, rose, mauve ou bleu pour les bonnes fées, rouge, noir et violet pour les méchantes et leur suite. Le XXe siècle, révisant l’affaire à sa manière, nous offre « les déjantés », cuir et chaine, latex, nuisette, bondage, noir intégral, masques effrayants, coiffures extravagantes, maquillages outrés. Ou encore « les contemporains », smokings et robes du soir. Peu importe le parti pris, la fantaisie règne toujours, mélangeant les styles, réinterprétant les codes. Une place spéciale sera donnée à l’inventaire des accessoires qui tiennent dans les contes un grand rôle et sont des symboles : baguette magique, miroir, pomme, chaussure, bottes de sept lieues, grimoire, épée magique, rose, quenouille, rouet… Enfin, des extraits de films viendront compléter le propos.