Le mannequinage, art de sublimer le costume

C'est tout un art. Comment concevoir, en vue d'une exposition, un mannequin ou un support à la mesure du costume, afin de respecter de façon parfaite son allure, la morphologie de l'artiste pour lequel il a été confectionné, tout en mettant en lumière les intentions du costumier et le rendu originel sur scène.

Un mannequinage réussi passe par l’adaptation la plus parfaite du support aux formes et à l’allure de celui ou celle qui a porté le costume. La silhouette du mannequin de couture, le plus souvent employé, sera donc étoffée, rembourrée et sera dotée le cas échéant de bras ou de jambes.

Illustrant les intentions du costumier et le rendu sur scène, la documentation iconographique (maquettes, photographies…) est précieuse pour permettre de réaliser ces ajustements indispensables et de restituer au mieux l’univers esthétique dans lequel s’inséra le costume.

Dans un même souci de protection et de conservation des œuvres, le mannequinage emploie des matériaux chimiquement neutres de conservation respectant la délicatesse des textiles (ouates de polyester, toile naturelle, jersey de coton, tulle et crin). Le mannequinage consiste aussi parfois à recréer des éléments de lingerie (jupons, corsets...) manquant dans la collection. Un bon mannequinage est donc l'alchimie entre connaissances techniques et connaissances de l'histoire du costume.

Toute œuvre exposée fait ainsi l'objet d'une recherche scientifique destinée à mieux la connaître. L'observation de la coupe et du montage de chaque costume fournit de précieux renseignements, complétés par l'examen de documents iconographiques.

Différents types de supports utilisés en mannequinage :

  • mannequin de couture ou de mode, généralement constitué d’un buste avec bras, tête et jambes amovibles. Les formes standardisées doivent être adaptées.
  • buste créé aux mesures du costume. Sorte de coque vide, il présente l’avantage de disparaître sous le costume ;
  • présentation à plat ou sur des soclages spécifiques pour certaines pièces trop fragiles.

Un exemple

Le costume porté par Julia Bartet dans la comédie Pépa en 1888 est arrivé au CNCS en partie démonté. Le service des collections, avec l’aide de l’atelier couture de la Comédie-Française, a effectué un travail de reconstitution pour redonner l’aspect de la robe sur scène. Cette robe a été réalisée par le grand couturier de l’époque, Jacques Doucet.