Le Quartier Villars, un lieu d’histoire

Histoire et construction du bâtiment

Le Quartier Villars, implanté sur un site de quatre hectares, promet déjà de loin, vu de la ville, de l'autre côté de la rivière Allier. Et tient toutes ses promesses une fois que l'on y pénètre : un vrai monument, martial et élégant, avec ses trois escaliers de pierres blondes, pas très éloignés de ceux d'un décor de film de cape et d'épée. 

Commencée en 1767, la construction des bâtiments s'étend sur un siècle. Son premier architecte, Jacques Denis Antoine, est un artiste de grande réputation, concepteur, entre autres, de l'Hôtel des Monnaies, à Paris. Sublime, forcément sublime, le Quartier Villars reflète la magnificence de la monarchie et de son armée ! C'est en effet la première caserne édifiée sous le règne de Louis XV, dans le cadre de la réforme des armées initiée par le Duc de Choiseul, mettant fin à l’hébergement des soldats chez l'habitant, source de nombreux désordres.

Nommée Villars, en hommage au maréchal natif de Moulins, Claude Louis Hector, Duc de Villars (1653 -1734),  grand homme de guerre de Louis XIV, la caserne, qui abrite un régiment de dragons de cavalerie, s'inscrit dans l'esthétique classique du XVIIIe siècle : elle se compose d'un bâtiment central, encadré de deux pavillons bas, avec un l'intérieur trois escaliers desservant au rez-de-chaussée les écuries et aux étages les chambrées des cavaliers. Les bâtiments en grès de Coulandon (une carrière locale) relèvent de prouesses techniques dans la taille de la pierre et d'une ingéniosité rare du plan, destiné à permettre une mobilisation rapide des troupes et à loger au mieux hommes et chevaux. 

Au cours des siècles, le Quartier Villars reçoit divers corps d'armée ce qui conduit à des modifications sensibles de l'architecture. La magnifique caserne confinant à l'œuvre d'art connaît des heures brillantes rayonnant au-delà de son enceinte : revues, manœuvres, bals et concerts. C'est au bras d'un bel officier de cavalerie cantonné au Quartier Villars qu'une jeune et jolie couturière, Gabrielle Chanel, surnommée Coco, quitte Moulins pour « monter » à Paris et devenir une icône de la mode.

Mais la Première guerre mondiale marque le début du déclin de la caserne, la cavalerie étant progressivement remplacée par des troupes portées. Endommagé en 1940, le bâtiment principal est ensuite occupé par le corps de gendarmerie jusqu'au début des années quatre-vingt, puis délaissé. Avant de renaître en 2006 pour accueillir le CNCS et son régiment de costumes.