Rénovation et architecture

La rénovation et l'architecture du CNCS

Quand le CNCS ouvre ses portes le 1er juillet 2006 dans le Quartier Villars, vingt-cinq ans se sont écoulés depuis le départ des derniers gendarmes. Les travaux de restauration du bâtiment sont exemplaires. Tout en respectant scrupuleusement son cachet unique et son architecture grandiose,  ils ont métamorphosé l'ancienne caserne militaire du XVIIIe siècle, classée Monument historique, en haut lieu de la vie culturelle locale, nationale et internationale.

Histoire de la rénovation

Quel destin pour ce grandiose bâtiment et son enceinte? À l'entame des années 1980, la question préoccupe la population et les édiles. Après bien des péripéties, le Quartier Villars, voué à la destruction et en grande partie démoli, est finalement sauvé en 1984 grâce à un classement au titre des Monuments historiques.

La question de la réhabilitation se pose alors : que faire du Quartier Villars ?

Dix ans après le classement, l’Etat décide la création du Centre national du costume de scène et de la scénographie, dont les missions premières sont la conservation d’un fonds patrimonial important et sa valorisation auprès du public.

Les restaurations à effectuer sur le quartier Villars sont importantes. Il faut à la fois restituer l'état d'origine des principaux éléments classés, réhabiliter l'ensemble des bâtiments disposés autour d'une immense place d'armes, construire une nouvelle aile et adapter le tout à son nouvel usage.

La rénovation du bâtiment principal est confiée à François Voinchet, architecte en chef des Monuments historiques. L'architecte Jean-Michel Wilmotte remporte, quant à lui, le concours pour les aménagements intérieurs et la création de la nouvelle aile destinée à héberger les collections de costumes du CNCS. Accolées au bâtiment principal, ces réserves, conçues sur la base de volumes contemporains et stricts, s'insèrent parfaitement dans l'architecture originelle dont elles respectent les proportions et la rigueur, tout en évoquant le textile et l’ancienne occupation militaire par la pose d'une maille d'acier recouvrant le béton.

Description de l’architecture

Le bâtiment principal

Ce bâtiment est remarquable à divers titres, l’élégance des proportions, la qualité de l’appareillage, la grandeur des cages d’escalier, comme aussi l’audace de ses procédés de construction, maçonnerie armée, voûtes sarrasines… L’édifice, long de 93m et large de 20m, comporte trois niveaux de 1450m2 chacun. Il est desservi par trois escaliers monumentaux particulièrement élégants, par leur architecture comme par la pierre, du grès de Coulandon, dont les carrières sont situées dans le voisinage de Moulins.

Le bâtiment est distribué de part et d’autre de ces cages d’escalier en 9 travées régulières, anciennes chambrées des cavaliers.

Au rez-de-chaussée, servant autrefois d’écuries, des espaces d’accueil du public et billetterie, l’escalier d’honneur, la boutique, le restaurant et un auditorium de 100 places. Depuis  octobre 2013 trois nouvelles travées sont ouvertes en permanence au public, présentant la Collection Noureev.
Le premier étage est entièrement consacré aux expositions temporaires, avec huit salles vitrines, et une grande salle sur une double hauteur,  équipée d’un gril de théâtre pour la présentation d’élément de décor ou tout autre scénographie théâtralisée.
Au deuxième étage, des espaces pédagogiques (deux salles d’ateliers de 300 m2), des salles de réunion, le centre de documentation (300 m2) et l’administration. 

L’ensemble de ces bâtiments était à l’ouverture un site pilote EDF, car équipé d’un système de chauffage / climatisation de PAC (pompe à chaleur) sur une nappe phréatique, faisant du CNCS un site précurseur en matière de développement durable.

Commencés en 1996 et terminés en 2006, ces travaux, d’un montant total de 22 millions d’euros, ont été financés par le Ministère de la culture et de la communication, les collectivités territoriales et le FEDER. L’aménagement de la place d’armes et des abords a été pris en charge par la Ville de Moulins.

Ainsi drapé dans son nouvel habit de lumière, le Quartier Villars transformé en temple du costume est rapidement devenu une bête de scène, l'un des fleurons indispensables de la culture et du tourisme en Auvergne.