Exposition à venir

Couturiers de la danse

Du 30 novembre au 3 mai

Depuis un siècle les grands couturiers ne cessent de sublimer sur scène les créations des chorégraphes. Coco Chanel et les ballets russes, Gianni Versace et Maurice Béjart, Christian Lacroix puis Balmain par Olivier Rousteing avec le ballet de l’Opéra de Paris, Issey Miyake et William Forsythe, les exemples sont aussi nombreux que prestigieux. Avec "Couturiers de la danse", le Centre national du costume de scène rend hommage à ces prestigieuses collaborations et présente pour la première fois dans ses espaces une sélection de 120 costumes dans des vitrines pensées comme des écrins, enrichie de photos et vidéos. Conçue par le journaliste et auteur Philippe Noisette et scénographiée par l’architecte et artiste Marco Mencacci, l’exposition dévoile un véritable ballet de formes et de matières où le costume devient mouvement.

Dès l’entrée, le ton est donné. Le visiteur évolue sous des volutes de papier évoquant avec finesse et légèreté le dessous de tutus comme suspendus et découvre de somptueux costumes d’Hervé Léger pour "Rythme de Valse" chorégraphié par Roland Petit à l’Opéra de Paris.
À l’étage sous l’intitulé Formes, les premières vitrines mettent en lumière le travail des couturiers sur les formes. Les pièces présentées ici se jouent des formes créant de singulières silhouettes. Une danse au-delà de l’abstraction. Isadora Duncan en son temps, dévoila beaucoup de sa danse et d’elle-même dans ses tuniques flottantes hommage à la Grèce Antique. Nijinski lui, choquait le public avec ses collants moulants dans son "Après-midi d’un Faune", subtilement provoquant.

Avec le thème Seconde peau, les salles suivantes dévoilent les dessous de la danse : justaucorps, collants précieux, trompe l’oeil, transparence étudiée ; ou quand le costume devient seconde peau pour sublimer les lignes et les courbes. Les modèles surprenants de Balmain, Givenchy, On aura tout vu, Adeline André ou Christian Lacroix proposent un voyage au pays du corps.

La troisième partie de l’exposition s’intéresse aux réinterprétations des classiques tutu, corset et autre marinière issues notamment des ateliers des Ballets de Monte-Carlo ou de l’Opéra de Paris. Un clin d’oeil à l’histoire du costume et de la danse magnifiée par Karl Lagerfeld, Yves Saint Laurent, Sylvie Skinazi, Jean Paul Gaultier ou Christian Lacroix.

Ce sont ensuite les matières qui se révèlent dans un quatrième thème. La danse est un formidable terrain d’expérimentation. Avec elle, le costume ose l‘innovation. Le visiteur plonge ici dans les recherches de créateurs comme Iris van Herpen ou Hussein Chalayan depuis les choix des tissus jusqu’aux coupes des costumes. Hussein Chalayan a travaillé les découpes, les plis, les coutures du costume de scène avec un génie sensible. Coco Chanel est la première à avoir habillé de jersey les danseurs des Ballets russes pour la pièce "Le Train Bleu". Dans cet hommage au sport, la matière est libre de jouer. Mademoiselle Chanel est l’invitée d’exception de ces vitrines.

Enfin l’exposition s’achève par un « coup de théâtre » avec un duo unique tant par sa richesse que sa longévité. La collaboration entre Maurice Béjart et Gianni Versace s’étend sur une dizaine de ballets, elle reste à ce jour l’une des plus célèbres. Le visiteur pourra retrouver quelques-uns des grands rôles magnifiés par Béjart dans des pièces comme "Pyramide - El Nour" ou "Souvenirs de Leningrad". Sans oublier la fameuse robe créée par Versace pour Sylvie Guillem dans le ballet "Sissi l’impératrice anarchiste". Couturiers de la danse est un hommage à la danse sous toutes ses… coutures.