Exposition à venir

Scènes de Yannis Kokkos

Du 28 novembre 2020 au 25 avril 2021

Dans la perspective de l'ouverture de l'espace dédié à la scénographie, cette exposition sera l'occasion de valoriser la carrière et le travail d'un grand scénographe, costumier et metteur en scène de la scène française et internationale, Yannis Kokkos et d'expliciter les relations entre la création de l'espace scénographique, celle des costumes sur scène et l’interprétation des œuvres théâtrales, lyriques ou chorégraphiques.

L'exposition en images

Avec cette exposition, le Centre national du costume de scène réalise le premier portrait d’un des créateurs les plus prolifiques de la scène théâtrale et lyrique internationale, qui a oeuvré à plus de 200 spectacles. Conçue en étroite collaboration avec l’artiste, Scènes de Yannis Kokkos dévoile un témoignage inédit sur l’élaboration de son univers visuel et thématique et appréhende la totalité de son cheminement créatif, du dessin à la scène.

L’exposition évoque le parcours artistique du scénographe devenu metteur en scènel’enfance grecque, marquée par des expériences artistiques et des rencontres fondatrices, sa formation à la scénographie à l’école du Centre dramatique de l’Est (aujourd’hui Théâtre national de Strasbourg) en France, une première carrière de scénographe et créateur de costumes où il a collaboré avec des metteurs en scène de théâtre comme Antoine Vitez et Jacques Lassalle et, depuis la fin des années 1980, le temps de la mise en scène de théâtre et d’opéra en France comme à l’international (Italie, Grèce, Russie, Chine, entre autres), de la Comédie-Française au National Centre for the Performing Arts de Pékin, et à la Scala de Milan où il signe sa quatrième mise en scène, celle de Lucia di Lammermoor, pour l’ouverture de la saison 2020. 
L’artiste franco-grec rassemble dans son geste artistique la quasi-totalité des arts de la scène, de la compréhension d’une oeuvre au déploiement visuel de son univers et à la direction des acteurs ou des chanteurs. L’exposition explicite les relations entre la création de l’espace scénographique, celle des costumes, et l’interprétation des oeuvres théâtrales, lyriques ou chorégraphiques.

Scènes de Yannis Kokkos s’articule autour d’une centaine de costumes issus du fonds du CNCS et de prêts extérieurs provenant de plusieurs théâtres comme la Comédie-Française, l’Opéra de Paris, le Théâtre du Capitole de Toulouse, le théâtre Nanterre-Amandiers, l’Opéra de Nancy, la Scala de Milan, le Teatro Real de Madrid, le Grand Théâtre de Genève et le Hamburg Ballet… mais aussi d’une centaine de dessins et maquettes de décors et de costumes, issus principalement de l’IMEC (Institut Mémoires de l’édition contemporaine) où sont conservées les archives de Yannis Kokkos, et enfin de photographies de scène et d’extraits audiovisuels.

Un parcours thématique

À travers des thématiques fondatrices de son travail : l’enfance, la nature, l’homme et la cité, l’amour et la mort, le plein et le vide, le merveilleux et le tragique, le voyage et la mer, le parcours éclaire les différents aspects de la créativité artistique de Yannis Kokkos au travers de collaborations régulières avec de grands metteurs en scène, chorégraphes et chefs d’orchestre.
En premier lieu, un aperçu du moment de la création est donné à voir au visiteurgrâce à la reconstitution du bureau-atelier de Yannis Kokkos. Après cette riche entrée en matière, le parcours se déploie grâce à des thèmes récurrents dans son oeuvre, dans une scénographie évoquant les lignes de son espace scénique.
Au coeur d’une forêt nocturne, l’imaginaire, le merveilleux, le fantastique et l’enfance sont racontés à travers les costumes d’Hänsel et Gretel (2004 Grand théâtre de Genève), du Songe d’une nuit d’été (2002 Théâtre des Amandiers), des Oiseaux (2004 Grand théâtre de Genève) et de Sylvia présenté en 2002 à l’Opéra national de Paris. William Shakespeare et Victor Hugo sont ensuite, et entre autres, convoqués pour raconter la nuit du drame et du crime. Macbeth, Hernani et Lucrèce Borgia côtoient Le Vaisseau fantôme (2000, Teatro Communale di Bologna), Le Crépuscule des dieux (1998, Scala)… Comme une progression vers la lumière, le parcours mène le visiteur de la nuit au jour et le conduit dans un univers forain et populaire avec les costumes colorés de Cavalleria rusticana et Paillasse, présentés en 2014 au Théâtre du Capitole de Toulouse. La Comédie-Française occupe une place particulière au sein l’exposition avec une vitrine qui regroupe les costumes de La Locandiera, La Vie de Galilée, Iphigénie, La Thébaïde présentés respectivement en 1981, 1990, 1991 et 1995. La tragédie et la Grèce sont indissociables de l’univers thématique de Yannis Kokkos. Electre, Iphigénie, Ulysse apparaissent dans des scénographies épurées, mêlant le passé et le présent. Le visiteur vogue ensuite vers l’ultime salle qui évoque la mer et le voyage. Les costumes du Soulier de Satin (1998) et d’Odyssey (1995, Ballet de Hambourg Neumeier), entre autres, sont présentés dans un décor monumental avec la scénographie d’Hamlet et l’escalier caractéristique de nombreuses scénographies de Yannis Kokkos, dont celle des Troyens. Cette nouvelle exposition s’inscrit dans la perspective de l’ouverture du Centre d’interprétation sur la scénographie du Centre national du costume de scène fin 2021.

Yannis Kokkos

Né à Athènes en 1944, Yannis Kokkos vit en France depuis 1963. Il réalise, à partir de 1965, les scénographies et les costumes de pièces de nombreux spectacles de théâtre et d’opéra, notamment auprès d’Antoine Vitez au Théâtre national de Chaillot de 1981 à 1988. En 1987, il réalise sa première mise en scène de théâtre, La Princesse blanche de Rilke, ainsi que sa première mise en scène d’une oeuvre musicale, L’Oresteïa de Xenakis. Depuis, il se consacre à la mise en scène d’opéra, de Boris Godounov, qu’il monte trois fois, à Lucia di Lammermoor, sa dernière création pour la Scala de Milan en décembre 2020, avec des compositeurs particulièrement présents tels Berlioz, Mozart et Wagner, non sans s’autoriser quelques incursions du côté du théâtre : Racine, Laurent Gaudé (avec la création d’Onysos le furieux), Sophocle. En 1987, il a obtenu la médaille d’or de la Quadriennale de Prague pour la scénographie d’Électre de Sophocle. La même année, il a reçu deux Molière, l’un pour la scénographie de L’Échange de Claudel, l’autre pour les costumes de Madame de Sade de Y. Mishima. En 1998, il a reçu le prix Laurence Olivier de la meilleure production lyrique pour La Clemenza di Tito (Welsh National Opera, Cardiff), et le prix du Syndicat de la Critique en 2004 pour la mise en scène des Troyens de Berlioz (création de la version intégrale) au Théâtre du Châtelet.